Zoom n°16 : ci-git la mondialisation !

Zoom n°16 : ci-git la mondialisation !

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La mondialisation prônée par l‘Europe est en danger et c’est peu dire. Coincée d’un côté par la « Trump-attitude » avec sa politique protectionniste et de l’autre côté par une sinisation, l’Europe et sa mondialisation sont maintenant confrontées à un ennemi venu de l’intérieur, l’extrême-droite européenne.

La percée des populistes lors des élections européennes inaugure l’affaissement de la mondialisation : son contenu économique et son agenda politique sont plus que jamais menacés. Donald Trump avait vu venir : en janvier 2017 à peine élu, le président américain s’en prenait déjà à l’Europe, « Vous regardez l’Union européenne […], c’est en gros un instrument pour l’Allemagne. C’est la raison pour laquelle je pense que le Royaume-Uni a eu bien raison d’en sortir », avait dit le président Trump. Le Brexit sera « un succès ». Et face à la politique migratoire, « Je crois vraiment que s’ils [les pays de l’Union européenne] n’avaient pas été obligés de prendre tous les réfugiés, avec tous les problèmes qui vont avec, il n’y aurait pas eu de Brexit. Les peuples, les gens veulent leur propre identité et le Royaume-Uni voulait sa propre identité. », ajoute Trump.

Le démantèlement de l’Europe ne s’arrête pas là, récemment en tournée européenne le président chinois Xi Jinping a voulu prendre sa part du morcellement de l’Europe. La Chine a mis dans son sac le Salvini et Orban, les deux têtes de turc de l’Europe sans compter qu’il y a quelque temps, elle a presque « acheté » de la Grèce en lui accordant une dette souveraine de près de 290 milliards d’euros. Comme disait Alain Peyrefitte, « quand la Chine s’éveillera… le monde tremblera »

Après les élections européennes, les populistes vont s’emparer du pouvoir. Leur objectif, impensable jusqu’à récemment : démanteler la mondialisation. Mais qu’est-ce que la mondialisation aujourd’hui et surtout comment est-elle perçue ? Pour la grande capitale, c’était une aubaine qui ouvrait de larges marchés hermétiquement fermés, ce qui permettait de trouver de la main d’œuvre bon marché ailleurs et surtout de payer moins d’impôts, voire même rien du tout, grâce à la prétendue « optimisation fiscale ».

Les entrepreneurs de dimension nationale n’ont pas la même expérience : la concurrence des multinationales a réduit leurs chances de survie et les grandes marques occupent aujourd’hui tous les créneaux productifs et commerciaux disponibles. Pour les personnes, pour les particuliers, la situation est encore plus complexe.

Le programme des soi-disant populistes est très simple : apporter des réponses radicales aux problèmes de la mondialisation, sans médiation et sans langage direct. Le cœur de la proposition est l’idée que nous pouvons revenir au passé, que nous pouvons recréer un monde qui, pour beaucoup, semble maintenant idyllique. On pense, par exemple, que si une femme européenne recevait des subventions de l’État, elle aurait beaucoup d’enfants, que les droits de douane et les barrières pourraient stimuler la production nationale, la force militaire serait une carte gagnante.

La cible favorite des populistes est celle des citoyens sans droit de vote, à savoir les immigrés, sans lesquels de nombreuses sociétés seraient en fait à bout de souffle. Des Mexicains des États-Unis aux Africains musulmans et aux Européens du Moyen-Orient en Europe, les immigrés sont la démonstration d’un complot : « la substitution ethnique » comme ils l’appellent, un grand dessin pour effacer les Blancs de l’Europe. Version mise à jour des Protocoles des anciens de Sion, le dépliant rédigé par la police tsariste pour justifier les pogroms contre les Juifs ayant conduit directement à l’Holocauste.

L’action de ces gouvernements se concentre pour le moment sur la destruction du système multilatéral des relations économiques, mais l’atterrissage naturel de tous les nationalistes va bientôt venir : le retour à des scénarios de guerre. Le 21e siècle, qui devait être la consolidation d’une société mondiale, risque donc d’être celui d’un retour aux États-nations. La démocratie est en recul partout, les organisations internationales ont été réduites au silence.

Mouhamet Ndiongue

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