Zoom n° 18 : L'héritage colonial !

Zoom n° 18 : L’héritage colonial !

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L’Afrique est une idée. Quelque chose d’indéfinissable, un ensemble de traditions, civilisations et spiritualités différentes. Il n’existe ni histoire ni culture africaine unifiée, tout comme il n’existe ni « guerre africaine » ni économie africaine, malgré l’Agenda 2030 qui pourrait donner de l’espoir.

La question que le monde se pose est, comment les Africains, longtemps soumis à une domination coloniale violente, réagissent-ils et redéfinissent-ils leur existence après la « décolonisation »? Mais surtout, est-il juste de parler de vaincre le colonialisme ? Nous assistons aujourd’hui à la phase dite post-coloniale, caractérisée par une autonomie et une indépendance non complète du continent vis-à-vis des pays européens qui l’ont subjugué. Ils ont ensuite été rejoints par d’autres. Russie, Chine, Brésil : tous sont devenus les principaux acheteurs des ressources minérales et des gisements de gaz du continent, privant une nouvelle fois les Africains du bénéfice de la satisfaction et de l’exploitation de leurs ressources.

Dans le même temps, toutefois, l’Afrique possède une force de promotion et de perturbation représentée par les jeunes, qui constituent 75 à 80% de la population, soit le pourcentage le plus élevé au monde. Nombre d’entre eux sont des étudiants, des dirigeants politiques, des militants, des intellectuels, des combattants, des activistes qui élaborent chacun à leur manière une réponse à la situation politique et sociale. Certains, poussés par un sentiment de marginalisation sociale et culturelle et par un contexte d’inaccessibilité aux ressources économiques, migrent ou exploitent les rares opportunités d’emploi offertes, par exemple en s’enrôlant dans les associations. Dans un contexte politique similaire, constitué de guerres éparses et déplacées qui tendent toutefois à revêtir une signification globale, le conflit le plus important semble donc être celui des identités post-coloniales : ceux-ci, à juste titre, exigent l’insertion dans le cadre de la répartition des ressources que l’Occident perce ponctuellement, les replaçant dans un état d’appauvrissement, d’assujettissement et d’inactivité. En bref, les dimensions à prendre en compte quand on parle du continent africain sont nombreuses.

L’Afrique est le continent qui a connu le plus grand nombre de conflits, de l’effondrement du mur de Berlin à nos jours. Nous avons donc, de 1989 à aujourd’hui, des conflits ou révolutions enregistrés notamment le Printemps arabe, Libéria, Côte d’Ivoire, Sierra Leone et, plus tard, le génocide au Rwanda et la guerre au Congo. À l’heure actuelle, les conflits les plus récents concernent le sud du Soudan, la République centrafricaine et la révolution silencieuse qui se déroule en Algérie.

Après Berlin, il y a un retournement, en ce sens que l’Union soviétique n’agit plus sur l’échiquier africain. Au cours de ces années également, nous constatons que la présence d’États est affaiblie par les plans d’ajustement, ce qui affaiblit les entreprises africaines elles-mêmes. Ce qui se passe est une distorsion des zones de conflit géostratégique. Ainsi nous passons d’une rivalité antérieure entre les États-Unis et l’Union soviétique, à une rivalité entre les États-Unis et la Chine, ainsi qu’à l’effondrement de nombreux régimes.

Par conséquent, la dimension économique de tout cela émerge, à savoir la concurrence pour la division des ressources minérales et diamantifères. Un cas emblématique est le Congo, où il existe des minéraux précieux à la surface qui peuvent être facilement retirés. Il suffit donc de contrôler militairement une région pour pouvoir tirer profit de ses ventes et de son commerce. Dans l’ensemble du contexte, la dimension sociale doit également être prise en compte, ce qui pousse vers une très forte marginalité des jeunes et favorise le recrutement de milices et de groupes liés à l’extrémisme islamique.

Les mêmes crises politiques et économiques sont souvent provoquées par les dirigeants locaux sur le plan ethnique, comme dans le cas du Rwanda et du génocide; c’est le colonialisme qui a produit une tribalisation de l’Afrique , qui répond en premier lieu à la logique de diviser pour régner et ensuite à la projection des obsessions racistes européennes sur l’Afrique, c’est-à-dire à la création de stéréotypes racistes de la part des colonisateurs , par rapport aux Africains.

Le continent africain se développe. La même population est composée principalement de jeunes. Il présente une situation hétérogène caractérisée par des pays qui vont bien et des pays qui vont mal. C’est le continent le plus jeune de tous les temps, où 65 à 70% de la population est jeune. Quels sont les effets ou les problèmes associés à cela? Ce sont des entreprises au capital humain gaspillé, non exploité, d’où découle une forte marginalité des jeunes qui favorise le recrutement de milices ou de Daeach. L’Afrique est pleine de jeunes terroristes et milices et au-delà. L’absence d’opportunités d’emploi pousse de plus en plus d’enfants à choisir le moyen le plus court et le plus pratique. Nombre d’entre eux quittent leur pays après avoir obtenu leur diplôme, d’autres restent et empruntent d’autres routes à la limite. Exclusion de la richesse mondiale dont les échos sont tirés de l’actualité, des films «occidentaux» et des médias en général, leur causent beaucoup de frustration parce qu’ils canalisent dans les rues l’illégalité ou la violence en tant que pratique quotidienne acceptée.

Ceci est le leg colonial. Les stéréotypes.

Mouhamet Ndiongue

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