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(Billet 123) – Palestine : Le dol du siècle

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(Billet 123) – Palestine : Le dol du siècle

RF

(Billet 122) – RNI/PAM : Les mêmes doses produiront les mêmes méfaits

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(Billet 122) – RNI/PAM : Les mêmes doses produiront les mêmes méfaits

Certains partis politiques locaux ont ceci de particulier qu’ils ne saisissent pas toujours, ni très vite, ni très bien, le sens des choses. Ils manquent de lisibilité, ils courent après la visibilité, et au final, ils perdent la crédibilité. En 2016, le PAM avait mis tout en œuvre pour remporter le scrutin législatif. Las… et là, c’est le RNI qui monte à la manœuvre en vue du même objectif en 2021. Or, on sait depuis longtemps que les mêmes causes, en surdose, donnent les mêmes effets, voire méfaits.

Hier, un parti d’entregent et d’affairisme, et aujourd’hui, un parti de gens d’affaires… Dans les deux cas, cela arrange plutôt les affaires de la cible que tout le monde veut défaire, en l’occurrence le PJD. Mais les deux partis susnommés n’ont pas plus compris hier qu’aujourd’hui que le combat électoral se fera sur le terrain des idées et de la discipline partisane… qui sont précisément les points forts des PJD et Istiqlal qui mènent la danse, car ils réfléchissent avec leur tête et marchent sur leurs pieds. Pas l’inverse !

Rappelons deux choses essentielles : le Roi est l’arbitre suprême, non concerné (voire consterné) par l’équation politique, par ailleurs très difficile car la plupart de ses éléments sont inconnus, ou des inconnu(e)s. Il ne sert donc à rien de s’en réclamer et de le proclamer. Le chef de l’Etat est tout en haut alors que l’élection se gagne avec le bas. C’est pourtant « simple et basique », comme dirait l’autre… Ensuite, les élections dans ce pays ne se truquent plus depuis longtemps. Le jeu se fait en amont, sur le plan des textes, des lois, des règles… et tout en finesse et en souplesse, qui semblent manquer à nos deux challengers déjà rongés, ou rognés, par le stress.

Ce n’est en effet pas en allant à Ouarzazate et en y promettant de réparer, un jour prochain, des aéronefs défaillants, que les populations locales défailliront d’enthousiasme et de reconnaissance… Et ce n’est pas en sillonnant l’Europe ou en martelant la sainte trinité « santé, éducation, emploi » qu’on convaincra nécessairement les gens d’adhérer à un projet qui n’existe finalement que dans certains esprits. Quant à la langue amazighe, l’exalter, c’est bien, la maîtriser, c’est mieux…

La solution pour que RNI et PAM ressemblent un jour à quelque chose et aient quelque chance de l’emporter face aux machines politiques que sont le PJD et l’Istiqlal, c’est la communion, puis l’union, et enfin la fusion. Or, si cela est fait, si le RNI absorbe le PAM, les gens du PAM qui, qu’on le veuille ou non sont des politiques, phagocyteront de l’intérieur ceux du RNI, plus versés dans l’économie et la finance…

La solution est donc dans les idées, dans une certaine forme de pratique politique qui reconnaisse l’intelligence des gens et des jeunes, et qui ne se contente pas d’offrir des déjeuners avec une offre indigente. Continuer de faire cela serait décevoir ceux qui y ont cru, haut placés soient-ils ou non…

Aziz Boucetta

 

Billet 1-21 juin, le faîte de la musique à Essaouira

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Billet 1-21 juin, le faîte de la musique à Essaouira

C’est pareil chaque année, et chaque année la même magie opère à Essaouira à l’occasion de ces trois jours de retraite où vent, fraîcheur, musiques de tous genres et cosmopolismes de tous les genres attirent des centaines de milliers de personnes. Le moment attendu arrive, les amoureux de la culture gnaoui et les passionnés d’Essaouira sont aussi tous arrivés… enfin presque tous car en ces temps estivaux, la concurrence festivalière est rude.

Il ne faut pas confondre festival et fête estivale… On ne le dira jamais assez, un festival n’est guère un simple entassement de concerts. C’est un concept, comme Montreux ou Marciac pour le jazz, Fès pour les musiques sacrées, ou Essaouira et « ses » Gnaoua. Pour réussir son festival, il faut savoir pourquoi on y va, ce qu’on va y trouver et ceux qu’on y écoutera, et c’est pour cela que le Festival Gnaoua Musiques du monde tient chaque année ses promesses, car son public est fin connaisseur. Et ce public, d’Essaouira et d’ailleurs, contribue à l’économie de la ville, avec 17 DH engrangés pour chaque dirham dépensé pour le festival.

Et ainsi donc, à Essaouira, cette ville de la musique en cette veille de fête de la musique, la parade s’est élancée, à 2 km/h, avec des troupes colorées, bigarrées, sentent bon le passage de témoins entre séniors à l’œil sévère et jeunots souriants. Puis la cérémonie d’inauguration démarre, unique en son genre car très courte, avec un ministre de la Culture sobre, en dépit d’un maire qui n’a pas réussi à faire court. Pas grave, le public est indulgent, heureux, écoute un peu, s’amuse beaucoup et attend que le festival démarre… Et il démarre de fait avec une belle fusion maroco-cubaine, entre Hassan Bassou et le groupe cubain Ossain Del Monte.

On va laisser là les caresses des sens et les bonheurs auditifs, mais on reste dans la région cérébrale, au niveau des neurones. Le Festival, en plus de la fête, c’est aussi le Forum, articulé cette année autour du thème « la force de la culture contre la culture de la violence », dans un pays secoué par le meurtre sauvage de deux jeunes touristes fin 2018. Partenaire du CNDH, de TV5 Monde et de l’université Mohammed V de Rabat, le Forum reçoit cette année les intellectuels Laure Adler et Edwy Plenel et ce personnage hors du commun qu’est Abdelouahad Rafiqi alias Abou Hafs, ex-extrémiste de la violence et aujourd’hui théoricien de la tolérance. Tous communiqueront autour des phobies et des folies de l’Homme, et de certaines femmes aussi, tous communieront contre « la banalité du mal ». C’est aussi cela, la culture gnaoui et le Festival du même nom.

Et puis, last but not least, heureuse nouvelle pour le Maroc et les Marocains, l’UNESCO planchera en fin d’année sur l’idée d’inscrire les Gnaouas au patrimoine immatériel de l’humanité. Il y a du travail derrière et c’est Yerma Gnaoua, l’association créée par la fondatrice du Festival Neïla Tazi en compagnie de mâalems gnaouis comme Abdeslam Alikane, qui fut, est et restera à la manœuvre.

C’est cela le festival d’Essaouira, c’est cela la fête de la musique, c’est cela le faîte de la culture. Les connaisseurs apprécieront, les autres iront ailleurs. A la longue, ils comprendront…

Aziz Boucetta

 

(Billet 120) – Tout le monde s’en va… Sauve qui peut général !

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(Billet 120) – Tout le monde s’en va… Sauve qui peut général !

Qui n’a pas dans sa famille ou parmi ses proches une ou deux personnes, parfois plus, qui ont quitté le Maroc pour s’en aller vivre ailleurs, ou sur le point de le faire, ou au moins voulant s’en aller ? Jeunes ou moins jeunes, en couple, seuls ou en groupe, légalement ou en mode fugue, avec ou sans diplômes, les gens partent à gros bouillons… tout en hurlant leur amour pour le Maroc.

Il suffit d’avoir étudié, de vouloir étudier, ou d’avoir un peu d’argent de côté, ou de la famille de l’autre côté, pour se décider à faire le grand saut… Il suffit aussi de trouver une âme sœur pour s’en aller… Tous les motifs sont bons. Et pourtant, le Maroc reste la mère-patrie, le pays cher, qu’on ne voudrait abandonner pour rien au monde, mais qu’on abandonne quand même pour essaimer de par le vaste monde. Le Maroc, on l’aime certes, mais on ne veut simplement pas y vivre. Il faudrait une escouade de sociologues et de psychologues pour expliquer cette tendance à cette « Grande Migration Avec Regret », s’ils ne sont pas déjà partis eux aussi…

Il faut dire que la conjonction du sentiment d’injustice et du ressentiment face au manque d’équité facilitent la décision de partir. Et la faillite de notre système d’éducation, ajoutée à une très forte sensation d’insécurité physique et surtout morale, jette nos enfants dans les bras grands ouverts des puissances étrangères…

Ce n’est plus un phénomène d’émigration, mais bien de sauve-qui-peut général, et deux chiffres indiquent la dimension de cette tendance : en 1998, 1,7 million de Marocains résidaient à l’extérieur du pays. Ils sont aujourd’hui 4,5 millions. Plus de 12% des Marocains vivent à l’étranger. Mais si, en 1998, les Marocains du monde étaient relativement peu formés, les choses ont radicalement changé depuis. Les études sont devenues un moyen de migration… Normal, car quel pays refuserait d’accueillir un cadre instruit qui ne lui a rien coûté et qui peut lui apporter beaucoup ?

Et de fait, selon des chiffres confirmés, 7.000 médecins exercent en France, et on ignore combien d’entre eux ont été entièrement formés au Maroc. Du tout bénéfice pour Marianne… 600 ingénieurs quittent ce pays chaque année. Un cadeau, encore… Et avec sa French Tech Visa et ses cabinets de chasseurs de têtes, la France pourrait aspirer, selon l’APEBI, plus de 2.000 ingénieurs par an ! Et avec cette crise des études de médecine, il faudra s’attendre à encore plus de départs, partant du principe que مصائب قوم عند قوم فوائد !

Et le gouvernement, dans tout ça, il fait quoi ? Il observe et attend la manne annuelle des transferts… Et pourtant, avec près de 5 millions de Marocains vivant à l’étranger, l’Etat pourrait troquer son admirable indifférence pour au moins organiser cette diaspora et lui maintenir ses liens avec le Maroc,. Une véritable politique pourrait être pensée à cet effet, et pas à travers un malheureux ministère délégué perdu dans la taiseuse et mystérieuse nébuleuse Bourita…

Aziz Boucetta

 

 

 

(Billet 119) – A quoi sert vraiment notre parlement ?

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(Billet 119) – A quoi sert vraiment notre parlement ?

Sans le « vraiment », la réponse à la question serait que le parlement sert à la législation et au contrôle de l’exécutif… Avec le « vraiment », les choses se compliquent. Il fut une époque où les députés couraient après la sainte trinité d’ « immunité, impunité et indemnité ». Les deux premières ont certes disparu, mais il reste l’indemnité, en plus d’une possible notoriété et, pour les plus vaillants des élus, une perspective de « ministrabilité ».

Avec un budget global de très exactement 721.596.000 DH, dont 61% pour la 1ère Chambre, le parlement local n’est plus le « destin de la démocratie », comme le présente le juriste austro-américain Hans Kelsen, mais le « festin de la médiocratie », à l’exception toutefois des très rares élus qui ont une haute opinion de leur mission. Il y en a…

Car en matière de législation, le nombre moyen de parlementaires votant effectivement les textes est du tiers de l’effectif global (395 députés et 120 conseillers), pour rester optimiste et constructif. Et même les projets législatifs fondamentaux ne réussissent pas à sortir nos élus de leur torpeur. Ainsi de la loi sur le personnel domestique, votée par seulement 48 valeureux parlementaires, ou de celle sur la lutte contre la violence à l’égard des dames, votée par 105 élus (dont 22 ont été contre !), ou encore celle sur le service militaire, qui ne semble avoir intéressé que 108 députés, malgré le roi, la loi et même la foi… Quant à la loi sur l’enseignement pré-bac, elle est purement et simplement bloquée par nos élus, sans doute parce que 25% d’entre eux n’ont pas le bac…

Et ainsi donc, notre parlement cahote, cahin-caha, sur la voie de la démocratie et des institutions. Le gouvernement et les partis ont finalement trouvé une solution à cette démangeaison qui les titille depuis longtemps et qui consiste à avoir un parlement aussi présentable dehors que malléable ici. L’assemblée est donc vaguement élue (6 millions d’électeurs réels sur une masse globale d’électeurs potentiels de 25 millions d’âmes), toujours dépeuplée et présidée par un Monsieur venu d’un parti jadis flamboyant, aujourd’hui en lambeaux. Quant aux conseillers, leur président est contesté par à peu près tout le monde au sein de ce qu’il reste de son parti.

Mais ce n’est pas grave puisque le gouvernement, ou plutôt son noyau dur, fait tout et le parlement le reste. Et c’est quoi le reste ? Tempêter contre le gouvernement, ou plutôt son noyau mou, et enquêter à huis-clos et en vase clos pour généralement aboutir à des clopinettes. Et quand un problème surgit, comme al Hoceima hier, les enseignants ou les étudiants en médecine aujourd’hui, les plus valeureux posent une question, parfois deux, avant d’aller récupérer au café d’en face.

Résumons… en plus de halaliser des décisions venues d’ailleurs, le parlement va de déclarations asthmatiques en interpellations colériques animant une action législative hypothétique, sous le regard indifférent d’une population désabusée, qu’il est de plus en plus difficile d’abuser. Il est donc permis de s’inquiéter pour la participation en 2021…

Aziz Boucetta

 

 

 

 

(Billet 118) – A quoi sert vraiment notre gouvernement ?

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(Billet 118) – A quoi sert vraiment notre gouvernement ?

Si l’on en croit la constitution et l’histoire des hommes, un gouvernement est fait pour gouverner, décider, fixer les règles et régler les différends. Si l’on s’en tient à notre réalité, notre gouvernement, nos gouvernements, sont dépassés par le premier problème qui surgit. Il est vrai qu’il est plutôt difficile de trouver des solutions à six, puisque la majorité actuelle est composée de pas moins d’une demi-douzaine de partis dits politiques aux esprits pas toujours fulgurants.

De 2011 à 2016, avec Abdelilah Benkirane, c’était la récré ; on rigolait bien, même si ce n’est pas vraiment là le rôle d’un chef du gouvernement. Puis Saadeddine Elotmani est arrivé, calme, conciliant et empreint de componction. On ne rit plus, on ne sourit même plus, à l’exception du bon docteur et ministre en chef. On gère, ou du moins on ingère les déconvenues sous les yeux d‘une population décontenancée.

Et des déconvenues, il y en a eu au cours de ces deux dernières années ! Al Hoceima et Jerada pour les villes… les enseignants dits contractuels et les commerçants en phase conflictuelle pour les professions… et aujourd’hui, à défaut de politique pour et en faveur de la jeunesse, voilà que les étudiants en médecine sortent leurs scalpels, montrent les dents et font du rentre dedans. Pendant ce temps-là, le PJD agit comme s’il était à l’œuvre, et le RNI manœuvre pour 2021, entraînant dans son sillage une petite UC silencieuse, mais si heureuse d’être là. Et alors que le MP se fait oublier et que les talents de l’USFP sont définitivement oubliés, le PPS s’oublie dans sa bouderie.

Et pourtant, des choses ont bien été réalisées par ce gouvernement, comme le dialogue social un peu abouti, une accélération industrielle qui sort de sa phase de ralenti, une fiscalité plus ou moins mieux assise… mais on ne sait toujours pas en quelle langue instruire nos enfants et on ne sait toujours pas quand on le saura, ni avec qui cela se fera. Et le temps passe à mesure que les espoirs trépassent.

De plus en plus de voix s’élèvent pour une gestion technocratique, sachant que le Maroc a produit, il faut le reconnaître, une caste de technocrates bien plus efficace et productive que la classe politique. Dans un monde désormais divisé entre systèmes autoritaires casqués et pouvoirs personnalisés qui avancent masqués, le Maroc est à la croisée des chemins. Les uns disent qu’il ne faut pas renoncer aux acquis démocratiques, les autres affirment que la prospérité passe avant la démocratie, si tant est que nos partis véhiculent une quelconque forme de démocratie !

Le débat est ouvert, à deux ans des élections.

Aziz Boucetta

 

(Billet 117) – Les études de médecine entre la haine et la rengaine

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(Billet 117) – Les études de médecine entre la haine et la rengaine

« Il y a quelque chose qui ne fonctionne pas au Maroc », avertissait Mohammed VI dans un discours en octobre 2016. Aujourd’hui, plus que jamais, quelque chose ne marche vraiment pas dans ce pays, mais alors pas du tout ! Ce qui se passe actuellement dans les facultés de médecine, publiques ou privées, est préoccupant, et pourrait même devenir inquiétant. Le danger est que l’on atteigne un point de non-retour, de crispation, et il semblerait que nous n’en sommes pas loin…

Au-delà des revendications – forcément « légitimes » aux yeux du gouvernement, acculé et désemparé –, c’est l’antagonisme, prévisible dès le début, entre deux systèmes auquel nous assistons.

En 2014, quand l’Etat avait autorisé ces universités, il avait pensé, comme toujours, avoir trouvé le graal, la panacée contre le déficit chronique, à terme, des médecins. L’Etat ne pouvant former des médecins en nombre suffisant car cela coûte cher, a délégué au privé. Mais ce faisant, il a fait comme pour l’éducation pré-bac, comme pour le logement, comme pour toute chose qu’il a déléguée au privé : il a vendu sa soupe, a passé le témoin, puis s’en est lavé les mains.

Or, dans cette « stratégie », l’équité académique a été délaissée, au profit semble-t-il de la facilité démagogique, voire de l’irresponsabilité politique. Allez venez, jeunes gens, on vous ouvre des facultés aux conditions d’accès différentes et moins rudes, avec un enseignement meilleur et plus pointu ! Cinq années durant, le feu a couvé et la faille sociale s’est installée entre public et « privé », le rejet des uns par les autres s’est renforcé… et la fracture est devenue rupture, avec quelque chose qui pourrait devenir de la haine, et qui est déjà du mépris.

Les étudiants des facs publiques refusent tout lien avec leurs congénères du privé car les places sont limitées dans leurs cycles de perfectionnement et de spécialité, et ils considèrent que c’est là une concurrence indue, surtout que les conditions d’accès initiales sont différentes. Les autres, ceux du privé, refusent avec colère cet ostracisme qui touche, disent-ils, à leur marocanité. Et tous ont raison, tous sont brillants !

Le plus grave est que leurs parents se sont naturellement solidarisés avec eux, mettant en évidence les clivages sociaux classiques entre « riches » et « pauvres », une distinction facile et fausse, mais qui s’installe… ouvrant, ce qu’à Dieu ne plaise, sur le risque de la tâche d’huile sur laquelle l’Etat pourrait s’étaler.

Le fautif, le grand coupable, est l’Etat qui n’a pas su, pu, ou voulu prévoir qu’un jour, cela allait dégénérer. Il a agi par précipitation, voire légèreté. C’est à lui donc, et à lui, seul, qu’il revient de trouver une solution à cette impasse, dans la loi et non dans la menace, dans la morale et la vé-ri-ta-ble égalité des chances qui, aujourd’hui, ne sont qu’un slogan ! Dans l’intervalle, il y a effectivement quelque chose qui ne marche pas au Maroc…

Aziz Boucetta

(Billet 116) – Un Festival (définitivement) pas comme les autres…

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(Billet 116) – Un Festival (définitivement) pas comme les autres…

Si on aime la confusion des genres, osons cette comparaison… le Festival Gnaoua Musiques du monde, c’est un peu comme le PAM, mais pas celui qui vient à l’esprit (et qui perd les siens) … Le Festival est un véritable pacte entre authenticité et modernité, avec la musique traditionnelle gnaoui à l’honneur, dans toute sa beauté multiforme (vêtements, couleurs, instruments, sons…), et les types de musique plus modernes… Le tout dans des fusions artistiques à faire fondre les âmes et les cœurs les plus endurcis, et à dérider et détendre les âmes les plus taciturnes. Le son gnaoui…

C’est sans doute lyrique, mais il faut avoir assisté à une édition du Festival (il en est à sa 22ème cette année) pour capter l’émotion. Le Festival Gnaoua Musiques du monde, ce sont quatre jours hors du temps, dans un espace qui n’est pas seulement celui d’un concert, mais celui d’une ville toute entière en fête, en liesse, en goguette, en apnée des soucis habituels… une sorte de Woodstock miniature, mais annuel… au son gnaoui.

Il ne s’agit pas d’un amoncellement de concerts de stars tapageuses et/ou aguicheuses, payées à prix d’or, qu’on regarde sur grand écran après avoir cassé sa tirelire, isolées avec des stars locales derrière de pleins essaims de gorilles en costume sombre, cravates sombres, avec des mines sombres… A Essaouira, le temps du Festival Gnaoua Musiques du monde, tout le monde croise tout le monde, simplement, les uns sourient aux autres, gentiment, les gens font connaissance, spontanément… Là encore au rythme du son gnaoui…

On rencontre des universitaires et des acteurs, des chanteurs et des conseillers royaux, parfois une ex-impératrice, quelques diplomates… des ministres anciens ou actuels par grappes, et des futurs leaders en groupe.  On se promène seul ou en bande, à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit, dans la plus totale sécurité et en toute sérénité… toujours au son gnaoui.

A Essaouira, pendant le Festival, l’intellect est honoré : Un Arbre à Palabres où les artistes se rencontrent entre eux, copinent avec le public et taquinent leurs instruments. On y écoute des gnaouis mystiques et des jazzmen emblématiques… Et les matins, un Forum est organisé autour d’un thème spécifique ; cette année, invités, panelistes, festivaliers cogiteront autour du thème « la force de la culture pour contrer la culture de la violence » … au rythme gnaoui lancinant.

Au Maroc, des centaines de festivals et moussems sont organisés chaque année, de tous les types et pour tous les goûts. Il y a les classiques et les acoustiques, les populaires et les déjantés, les historiques et les hystériques, et même les beaucoup fric… Pour tous les goûts et pour toutes les bourses. Mais pas au son gnaoui…

Avec le Festival Gnaoua Musiques du monde, on plonge dans l’Histoire de la musique humaine, dans des espaces chargés d’histoire et de mémoire qui rappellent, pour celles et ceux qui y croient, la grandeur de ce pays capable en matière artistique du meilleur, à Essaouira, et du reste, ailleurs… Ce Festival, c’est le fameux capital immatériel du royaume. Quant au capital matériel, l’argent, Il n’a non seulement pas d’odeur, mais pas de goût non plus !

Aziz Boucetta

 

(Billet 115) – Quelqu’un aurait-il des nouvelles de M. Sajid ?

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(Billet 115) – Quelqu’un aurait-il des nouvelles de M. Sajid ?

RF

(Billet 114) – Le privé nuit (gravement) à la Santé publique…

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(Billet 114) – Le privé nuit (gravement) à la Santé publique...

S’il est un job éprouvant au Maroc, c’est bien celui de ministre de la Santé ! Les médecins fulminent contre les vérifications fiscales, les infirmiers et techniciens de santé grognent pour des questions salariales, et les étudiants en médecine boudent, et c’est normal. En voulant, puis en acceptant d’être ministre de la Santé, Anas Doukkali ignorait qu’il allait y laisser une partie de la sienne, ce qui est aussi peu salutaire que sanitaire.

De haut niveau, puissamment formés, tétanisés par l’avalanche d’épreuves, de tests, de concours et de cours qu’ils sont subis, les médecins en formation savent généralement de quoi ils parlent. Et s’ils s’estiment délaissés, ou qu’ils se sentent détroussés, ils s’énervent vite. Et que fait un étudiant en médecine quand il s’énerve ? Il manifeste, avec cet ennuyeux problème que la police ne peut taper sur des types en blanc quand ils sont rouges de colère et verts de rage, stéthoscopes en nœuds coulants au cou.

Globalement, on peut résumer les choses par deux mots : la confiance et la conscience. Les étudiants en médecine sont dans le premier cas, car ils n’ont pas assez de mots pour vitupérer contre les remèdes proposés par l’Etat à leurs maux. Quant aux médecins (ou du moins une part significative d’entre eux), ils préfèrent nettement plus remplir leurs comptes en banque que leurs avis d’imposition, et ils ont une sainte horreur qu’on le leur rappelle !

Rappelons qu’avec 7,1 médecins pour 10.000 âmes, le Maroc est à la traîne des pays civilisés, le ratio international étant de 23… 23.000 médecins en activité, aux salaires divers selon qu’ils soient dans le public ou dans le privé. Et voilà le miracle que seul le Maroc peut réaliser : il forme environ 2.000 médecins par an, pour un besoin de 3.300, alors que plus de 1.800 partent en retraite par an ; ce n’est plus du ratio, ça, mais du rationnement… et pourtant, nous avons un médecin à la tête du gouvernement mais, en bon psychiatre, il écoute et ne parle jamais.

Et puis, le problème du statut des facultés : publiques ou privées (allez, Fondation pour faire plaisir…). Au public, il faut au moins 15/20 au bac pour passer le concours d’entrée, contre 12 à 14/20 pour les facs privées (pardon, fondations). Au final, 10 ans après (spécialité comprise), les deux se rencontrent. On peut comprendre la colère des étudiants du public, au nombre de 20.000, contre 2.000 au privé. L’égalité des chances leur est passée sous le nez, même si cela ne leur donne pas le droit (moral) de boycotter des examens alors que chacun d’eux a coûté environ 80.000 DH/an. Faites le calcul…

Qu’on le dise haut et fort, et clair : Le Maroc est sous-médicalisé et restera ainsi tant que l’Etat persistera à vouloir régler avec le privé les problèmes du public ; on a vu le résultat calamiteux dans l’éducation et le logement. Il appartient à l’Etat de trouver la solution aux étudiants en médecine, en construisant plus de CHU de préférence bien équipés, et qu’il financera, par exemple, en faisant payer leurs impôts aux (très nombreux) médecins réfractaires. A défaut, il risque une très, très mauvaise santé… sociale cette fois !

Aziz Boucetta

 

 

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