(Billet 116) – Un Festival (définitivement) pas comme les autres…

(Billet 116) – Un Festival (définitivement) pas comme les autres…

in Uncategorized

Si on aime la confusion des genres, osons cette comparaison… le Festival Gnaoua Musiques du monde, c’est un peu comme le PAM, mais pas celui qui vient à l’esprit (et qui perd les siens) … Le Festival est un véritable pacte entre authenticité et modernité, avec la musique traditionnelle gnaoui à l’honneur, dans toute sa beauté multiforme (vêtements, couleurs, instruments, sons…), et les types de musique plus modernes… Le tout dans des fusions artistiques à faire fondre les âmes et les cœurs les plus endurcis, et à dérider et détendre les âmes les plus taciturnes. Le son gnaoui…

C’est sans doute lyrique, mais il faut avoir assisté à une édition du Festival (il en est à sa 22ème cette année) pour capter l’émotion. Le Festival Gnaoua Musiques du monde, ce sont quatre jours hors du temps, dans un espace qui n’est pas seulement celui d’un concert, mais celui d’une ville toute entière en fête, en liesse, en goguette, en apnée des soucis habituels… une sorte de Woodstock miniature, mais annuel… au son gnaoui.

Il ne s’agit pas d’un amoncellement de concerts de stars tapageuses et/ou aguicheuses, payées à prix d’or, qu’on regarde sur grand écran après avoir cassé sa tirelire, isolées avec des stars locales derrière de pleins essaims de gorilles en costume sombre, cravates sombres, avec des mines sombres… A Essaouira, le temps du Festival Gnaoua Musiques du monde, tout le monde croise tout le monde, simplement, les uns sourient aux autres, gentiment, les gens font connaissance, spontanément… Là encore au rythme du son gnaoui…

On rencontre des universitaires et des acteurs, des chanteurs et des conseillers royaux, parfois une ex-impératrice, quelques diplomates… des ministres anciens ou actuels par grappes, et des futurs leaders en groupe.  On se promène seul ou en bande, à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit, dans la plus totale sécurité et en toute sérénité… toujours au son gnaoui.

A Essaouira, pendant le Festival, l’intellect est honoré : Un Arbre à Palabres où les artistes se rencontrent entre eux, copinent avec le public et taquinent leurs instruments. On y écoute des gnaouis mystiques et des jazzmen emblématiques… Et les matins, un Forum est organisé autour d’un thème spécifique ; cette année, invités, panelistes, festivaliers cogiteront autour du thème « la force de la culture pour contrer la culture de la violence » … au rythme gnaoui lancinant.

Au Maroc, des centaines de festivals et moussems sont organisés chaque année, de tous les types et pour tous les goûts. Il y a les classiques et les acoustiques, les populaires et les déjantés, les historiques et les hystériques, et même les beaucoup fric… Pour tous les goûts et pour toutes les bourses. Mais pas au son gnaoui…

Avec le Festival Gnaoua Musiques du monde, on plonge dans l’Histoire de la musique humaine, dans des espaces chargés d’histoire et de mémoire qui rappellent, pour celles et ceux qui y croient, la grandeur de ce pays capable en matière artistique du meilleur, à Essaouira, et du reste, ailleurs… Ce Festival, c’est le fameux capital immatériel du royaume. Quant au capital matériel, l’argent, Il n’a non seulement pas d’odeur, mais pas de goût non plus !

Aziz Boucetta

 

Tags:

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.

*

Latest from Uncategorized

Go to Top
Aller à la barre d’outils