(Billet 103) – Au Maroc, quand les voitures roulent, le sang coule…

(Billet 103) – Au Maroc, quand les voitures roulent, le sang coule…

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Assez ! On ne le dira jamais assez… Une bonne petite guerre civile, ou entre les civils si on préfère, dans la paix, la joie et la bonne entente, c’est ce que vit aujourd’hui le Maroc sur ses routes… En 20 ans, 80.000 morts et 200.000 handicapés permanents, rien que ça… Cela fait environ 1% de la population qui est atteinte à jamais par le fléau des chauffards et des motards. Avec des conducteurs pareils, pas besoin d’ennemi.

Il existe un peu plus de 4 millions de véhicules qui hantent les routes au Maroc, dont près de 3 millions de voitures de tourisme, et le reste en véhicules utilitaires… et avec cela, nous réussissons la prouesse de tuer – oui, tuer – environ 3.800 personnes (dont 400 gamins) et d’en estropier près de 10.000, par an ! 3.800 morts, c’est presqu’autant qu’en France, sauf qu’en France, le parc de véhicules est de 40 millions de véhicules.

Comme cela n’a pas l’air de déranger grand-monde, passons à l’aspect argent. Selon le gouvernement, le coût des accidents de la circulation est de 15 milliards de DH/an, soit 1,6 milliard de $, soit 1,5% du PIB (de quoi même faire sourire Mohamed Benchaâboune) ! Combien d’emplois créés avec ce pactole, de CHU, d’écoles, de tout… avec en prime moins de drames dans les chaumières ? 3.800 morts et 10.000 estropiés, une fatalité, une abjection, une hécatombe qui nous colle et nous empêche de décoller.

Alors l’Etat, semblant avoir compris les enjeux, a réagi. Il a changé le Code de la route, puis l’a modifié, et dans sa grandeur d’âme, il nous a même concocté une brochette de sigles tous plus imprononçables les uns que les autres, tous frappés du sceau « urgence » : PSIU, CNPAC, ANSR, PDU, PNCR… qui sonnent intelligent dans les conclaves numérisés de quelques ministres dont les petits mots ne sauraient guérir de nos grands maux.

Il faudra, un jour prochain, se rendre à cette évidence : seule la violence administrative peut lutter contre la violence routière ! A cette fin, et partant de l’idée que les chauffards sont des tueurs anonymes de masse, comme des terroristes, « il faut terroriser » les contrevenants et intimider le tout-venant… Imaginons un corps d’élite (DGSN ou autre), bien payé, incorruptible (mais les caméras portables sont là, en cas de furtive et coupable tentation…), qui sillonne les routes, partout, traque les infractions, poursuit les réfractaires, retire les permis de conduire (ou de tuer) pour longtemps et multiplie les mises en fourrière pour de longues durées payantes…

Sans mesures radicales – il est parfois bon et utile de se radicaliser – on ne pourra gagner la guerre des routes, et l’ennemi intérieur continuera d’emporter des vies et de détruire d’autres. Quand l’ascendance ou l’influence des chauffards, la marque et la puissance de leurs corbillards cesseront d’être des boucliers de la criminalité routière, les lois s’appliqueront plus et les Marocains mourront moins.

Aziz Boucetta

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