Billet 1-21 juin, le faîte de la musique à Essaouira

Billet 1-21 juin, le faîte de la musique à Essaouira

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C’est pareil chaque année, et chaque année la même magie opère à Essaouira à l’occasion de ces trois jours de retraite où vent, fraîcheur, musiques de tous genres et cosmopolismes de tous les genres attirent des centaines de milliers de personnes. Le moment attendu arrive, les amoureux de la culture gnaoui et les passionnés d’Essaouira sont aussi tous arrivés… enfin presque tous car en ces temps estivaux, la concurrence festivalière est rude.

Il ne faut pas confondre festival et fête estivale… On ne le dira jamais assez, un festival n’est guère un simple entassement de concerts. C’est un concept, comme Montreux ou Marciac pour le jazz, Fès pour les musiques sacrées, ou Essaouira et « ses » Gnaoua. Pour réussir son festival, il faut savoir pourquoi on y va, ce qu’on va y trouver et ceux qu’on y écoutera, et c’est pour cela que le Festival Gnaoua Musiques du monde tient chaque année ses promesses, car son public est fin connaisseur. Et ce public, d’Essaouira et d’ailleurs, contribue à l’économie de la ville, avec 17 DH engrangés pour chaque dirham dépensé pour le festival.

Et ainsi donc, à Essaouira, cette ville de la musique en cette veille de fête de la musique, la parade s’est élancée, à 2 km/h, avec des troupes colorées, bigarrées, sentent bon le passage de témoins entre séniors à l’œil sévère et jeunots souriants. Puis la cérémonie d’inauguration démarre, unique en son genre car très courte, avec un ministre de la Culture sobre, en dépit d’un maire qui n’a pas réussi à faire court. Pas grave, le public est indulgent, heureux, écoute un peu, s’amuse beaucoup et attend que le festival démarre… Et il démarre de fait avec une belle fusion maroco-cubaine, entre Hassan Bassou et le groupe cubain Ossain Del Monte.

On va laisser là les caresses des sens et les bonheurs auditifs, mais on reste dans la région cérébrale, au niveau des neurones. Le Festival, en plus de la fête, c’est aussi le Forum, articulé cette année autour du thème « la force de la culture contre la culture de la violence », dans un pays secoué par le meurtre sauvage de deux jeunes touristes fin 2018. Partenaire du CNDH, de TV5 Monde et de l’université Mohammed V de Rabat, le Forum reçoit cette année les intellectuels Laure Adler et Edwy Plenel et ce personnage hors du commun qu’est Abdelouahad Rafiqi alias Abou Hafs, ex-extrémiste de la violence et aujourd’hui théoricien de la tolérance. Tous communiqueront autour des phobies et des folies de l’Homme, et de certaines femmes aussi, tous communieront contre « la banalité du mal ». C’est aussi cela, la culture gnaoui et le Festival du même nom.

Et puis, last but not least, heureuse nouvelle pour le Maroc et les Marocains, l’UNESCO planchera en fin d’année sur l’idée d’inscrire les Gnaouas au patrimoine immatériel de l’humanité. Il y a du travail derrière et c’est Yerma Gnaoua, l’association créée par la fondatrice du Festival Neïla Tazi en compagnie de mâalems gnaouis comme Abdeslam Alikane, qui fut, est et restera à la manœuvre.

C’est cela le festival d’Essaouira, c’est cela la fête de la musique, c’est cela le faîte de la culture. Les connaisseurs apprécieront, les autres iront ailleurs. A la longue, ils comprendront…

Aziz Boucetta

 

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